Résumé
Depuis Régine Pernoud et Georges Duby, une tradition, dont l’influence dépasse le cadre historiographique, situe dans la seconde moitié du XIIe siècle, au temps d’Hildegarde de Bingen et d’Aliénor d’Aquitaine, un paradis perdu de la condition féminine. On s’interroge sur le regain actuel d’une veine de recherche désireuse d’aller chercher, dans le passé médiéval, les destins exemplaires de femmes d’exception. Au-delà de la question de la domination symbolique du rang et de l’honneur du queenship, comment évaluer l’effectivité de l’exercice du pouvoir, et passer ainsi de l’archéologie du charisme à la généalogie de la gouvernementalité ? La question débouche sur l’analyse de traditions politiques qui, en France surtout, assigne un sexe aux systèmes de pouvoir : contrairement peut-être à l’empire, le cadre monarchique, et les contraintes qu’il fait peser sur le sang, l’alliance, mais aussi les définitions de genre, impose l’idée d’un mâle royaume.