Résumé
Comment asseoir son autorité ? Entre siège du pouvoir et assise de la puissance, cette dernière séance tente de tirer le bilan des réflexions menées dans le cours de cette année sur les lieux de pouvoir à partir d’une figure apparemment simple : celle de la chaise et de la chaire, de la cathèdre et du trône. Mais l’histoire du réseau sémantique qui procède de sedere/assedere révèle rapidement sa complexité et son ambivalence. Il ne s’agit pas seulement de définir les règles de la bienséance et de la préséance ; la question de l’ordo sedendi pose celle, autrement plus redoutable, de la majesté (telle qu’elle se donne à voir dans la représentation par Fouquet du lit de justice de Vendôme en 1458). Mais aussi celle de l’insistance des lieux et de l’obstination des successions, comme on peut le voir à travers le double exemple du « trône » dit de Dagobert et de la chaise d’Edward Ier. Il n’y a pourtant pas que le Game of Thrones des monarchies européennes : en faisant le détour par le diwan sultanien et par les bancs publics de l’espace civique italien, la séance débouche ultimement sur la question politique contemporaine de ce qui fait, aujourd’hui, nos lieux communs.